Extrait de l’interview du Docteur Gilles Chaudieu

 zootechnicien, membre de la commission zootechnique de la SCC, juge lors du Concours Général Agricole 2010.

 

"La majortié des maladies oculaires sont transmises sur le mode recessif chez le chien : si on part du principe que dans la population la reproduction se fait au hasard ce qui n'est pas le cas chez le chien, à partir du moment où on a l'émergence d'une maladie transmise récessivement de 3 à 5 % on a un peu plus de 30 % de porteurs. Il ne faut pas donc pas viser l'éradication car un chien n'est pas que des yeux. On a la chance de développer des tests génétiques ce qui ne dispense pas l'examen clinique car on voit des chiens exprimant les mêmes symptômes, d'aucuns sont positifs aux tests génétiques avec la mutation homozygote et d'autres non. Il faut étudier le pedigree et mettre les tests en oeuvre de façon à utiliser intelligemment les porteurs pour ne pas détruire une race.

Quand on a démarré ce plan de détection des tares héréditaires il y a près de 30 ans on notait des attitudes très maximalistes qui au fil du temps et à la confrontation de l'expérience, se sont fissurées.

Les éleveurs sont demandeurs de conseils que l'on peut donner dans certains cas. D'une manière générale si une maladie oculaire s'exprime de façon tenue avec des signes qui ne sont pas invalidants pour le chien, on ne va pas tuer les mouches avec un canon. En revanche si on a des signes très invalidants, il faut essayer d'agir.

Le chien ne doit pas se réduire à un ensemble de défauts et maladies que l'on cherche à éradiquer ; on aboutirait à des chiens parfaitement sains mais qui n'auraient plus les caractères de la race qu'ils représentent."